Le Comité de pilotage du Projet d’appui à la digitalisation de l’économie comorienne (Padec) a organisé sa première réunion le samedi 15 mars, à l’hôtel Itsandra Beach dans le cadre de ses activités pour l’année 2025.Cette rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, notamment la ministre de la promotion du Genre, Fatima Ahamada, le recteur de l’université des Comores, Ibouroi Ali Toibibou, le directeur de l’Anaden, Said Mouinou Ahamada, et son adjoint Oussoufa Abdou El Madjid.
Les données de l’Etat et des entreprises
La réunion a permis de présenter le Padec, d’échanger sur les modalités de sa mise en œuvre, de répondre aux éventuelles questions des acteurs et des parties prenantes, et de procéder à la validation du plan de travail annuel budgétisé (Ptab) de 2025, définissant les actions prioritaires à entreprendre.A l’occasion, le directeur général adjoint de l’Anaden a souligné qu’à travers ce projet, “nous devons avoir des institutions qui seront en capacité de répondre aux besoins qui vont ressortir et qui vont s’enchaîner rapidement et le projet va financer aussi la formation et aider l’Etat comorien à implémenter par exemple l’autorité nationale de protection des données à caractère personnel”.
Oussoufa Abdou El Madjid ajoutera que la digitalisation et la question des données sont toujours au cœur des problématiques. «Il faut que les données soient protégées. Que ça soit les données des particuliers, les données de l’Etat, des entreprises. Donc, il faut qu’il y ait une autorité qui va réguler tout cela. C’est ce qui va renforcer la confiance des usagers», a-t-il expliqué avant de préciser que ce projet a été étudié à la loupe afin de savoir où mettre les pieds pour concevoir quelque chose de logique.
Pour sa part, le responsable de la direction, de l’innovation et de la communication de l’Anaden, Nazeme Mohamed, a précisé que la validation du Ptab 2025 constitue “une étape essentielle” pour engager les premières actions sur le terrain et ainsi garantir une mise en œuvre alignée avec les objectifs stratégiques définies. «Avec cette avancée, le Padec entre désormais dans sa phase opérationnelle, ouvrant ainsi la voie à une administration modernisée, un écosystème numérique renforcé et un accès élargi aux services digitaux pour l’ensemble des citoyens et des entreprises du pays”, dit-il.
De 2025 à 2028
Le Padec est un projet qui s’inscrit dans le cadre du Plan Comores émergent (Pce) et de la stratégie Comores numérique 2028. Ce projet financé à hauteur de 9,51 millions d’euros par la Banque africaine de développement (Bad), vise, selon les responsables, à “renforcer les capacités numériques du pays, en développant des infrastructures technologiques modernes, en accélérant la digitalisation des services publics et en soutenant l’innovation et l’entrepreneuriat numérique, lesquels permettent ainsi de renforcer la coordination entre les parties prenantes et d’assurer une compréhension partagée des enjeux et des priorités du projet”.
Le projet Padec, dont la mise en œuvre s’étendra de 2025 à 2028, comprend notamment quatre volets principaux. Le premier volet porte sur ‘’la construction d’infrastructures digitales, notamment un data center national qui répond aux normes standards internationaux avec un niveau de certification tiers 3’’. Le deuxième volet est axé sur ‘’la construction d’un incubateur technologique pour soutenir la formation locale, un centre d’orientation et d’information avec comme objectif de compléter une offre qui va à la fois améliorer les infrastructures qui vont être mises en place mais aussi développer les usages qui vont renforcer et faire capitaliser sur ces infrastructures là’’.
Le troisième volet est axé sur ‘’les usages digitaux, notamment le développement et la mise en place de certaines plateformes digitales comme la plateforme nationale d’interopérabilité, la plateforme nationale du e-gouvernement et un certain nombre de services digitaux qui vont être développés pour que le data Center mis en place puisse apporter la valeur ajoutée qui est recherché’’. Le dernier volet porte sur ‘’l’accompagnement des infrastructures avec des usages et un capital humain capable’’.
Youssef Abdou