C’est dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux il y a moins d’une semaine et qui n’a pas tardé à devenir virale que l’agro-entrepreneur, Fayçal Bianrith, basé à Mwali, a annoncé, le regard serré, son intention d’abandonner l’agriculture, et de se lancer, selon lui, «dans d’autres domaines».«A travers cette vidéo, j’informe la population que je compte abandonner l’agriculture pour me lancer dans d’autres activités comme la pêche ou encore, le transport en commun en devenant un taximan car avec mon activité actuelle rien n’évolue comme avant », a-t-il introduit avec désolation. Et de poursuivre : «On me vole tout ce que je cultive et personne ne me protège. Ce n’est pas une décision facile à prendre, mais je ne peux pas investir toute mon énergie de cette façon».
En effet, ce jeune entrepreneur exploitait quatorze parcelles. Certaines d’entre elles sont louées, et d’autres lui sont remises gratuitement afin de promouvoir ses activités. Croisé mardi dernier après-midi au stade Angola, à Fomboni, ce gérant de l’entreprise «Fabi frais» a regretté que ces derniers temps, le nombre de vols qu’il subit dans ses exploitations ne cessent d’augmenter. «J’ai tenté de faire valoir mes droits en remettant certains auteurs à la justice. Mais rien ne leur arrive. Ces malfrats trouvent toujours le moyen de s’échapper de la maison d’arrêt et ils récidivent», dénonce-t-il, soulignant qu’ « actuellement, les voleurs s’introduisent dans les parcelles, munis d’armes blanches pour se défendre au cas où ils seraient surpris».«Je préfère ma sécurité au lieu de continuer à surveiller des champs jours et nuits », a-t-il déclaré Bien qu’il soit un acteur clé dans l’approvisionnement des denrées agricoles, Fayçal Bianrif et son équipe se sentent abandonnés par la justice comorienne.
Les vols dans les champs deviennent récurrents
«Les derniers faits remontent il y a deux semaines, lorsque sept personnes ont tenté de s’introduire dans mon champ. J’ai pu capturer six d’entre eux. Mais aussitôt livrés à la police, ils s’étaient évadés pendant leur transfert vers la maison d’arrêt », regrette-t-il.Pour rappel, à Mwali les vols dans les champs deviennent récurrents ces dernières années. Cependant, jusque-là, aucune autorité ni même les forces de l’ordre n’a proposé des solutions concrètes. Tous les produits sont concernés : produits de rente et produits vivriers. L’année dernière pendant la cueillette du girofle, des voleurs ont été appréhendés dans un champ à Djando. Plusieurs autres cas similaires ont été signalés mais rien n’a été fait.
A.Housni