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L’orchestre Twarab Ayn à l’alliance française I «Nous voulons sauvegarder le twarabu comorien et, pourquoi pas, l’imposer à l’étranger»

L’orchestre Twarab Ayn à l’alliance française I «Nous voulons sauvegarder le twarabu comorien et, pourquoi pas, l’imposer à l’étranger»

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Malgré quelques erreurs techniques, en dix morceaux, l’orchestre Twarab Ayn a conquis l’alliance française de Moroni samedi dernier en enchainant des classiques de Mohamed Hassani et autres des wapvandzi mwendedji «Banwu Mgazidja» entre autres. Des grands tubes qui avaient alors, durablement, marqué la scène musicale comorienne. Quinze musiciens et chanteurs ont remonté le temps jusqu’au XIXe et XXe au tout début du twarabu aux Comores avec, excusez du peu, msondro, udi et violo comme instruments.

 

L’orchestre Twarab Ayn à presté sur les planches de l’Alliance française de Moroni, samedi dernier, pour sa deuxième scène depuis sa création. Sur une natte, pieds nus, tous en boubou blanc, gilet noir et bonnet rouge, les quinze artistes du groupe, ont replongé leur public au tout début de l’avènement du twarabu aux Comores, entre le XIXe et le XXe siècle. Ces époques où le udi, le vialo (violon) et la cithare étaient les seuls instruments avant de faire place au synthétiseur, guitare électrique et autre batterie.


Assis sur des chaises en demi-cercle, deux clavistes, cinq percussionnistes, un bassiste, un violoniste, un joueur d’Oud et deux choristes ont revisité ce patrimoine comorien qui a perdu de son rayonnement d’antan : «Notre objectif est de revaloriser le twarabu comorien en faisant en sorte qu’il retrouve de ses couleurs d’autant», devait engager l’animateur, Pnatcho.


L’initiative est, certes, louable mais il n’en reste pas moins que le chemin est encore plus long.
Dans cette initiative de retour aux sources, rien ne fut plus beau que de voir le célèbre châteur de twarabu, «Number one», ouvrir le bal après le fameux «bal achraf» (plus ou moins un prélude). Du haut de son âge avancé, «Number one» a semblé, l’instant de quelques notes de musique, retrouver toute sa jeunesse en esquissant quelques pas de danse pour le bonheur d’un public venu nombreux dans cette salle de spectacle de l’Afm.

«Un plaisir pur»

L’orchestre Twarab Ayn a, ensuite, enchainé classique sur classique, avec des titres qui ont donné leurs lettres de noblesse à la musique comorienne. Kulwabu, Wahangu mwema ni mwandzao, Mondoha, Ngama na roho de Mohamed Hassani, Tsili shamdudu du mpvandzi mwendedji (= auteur-compositeur-interprète itinérant), Banwu mgazidja, ou encore Raisi chanté à la gloire du règne de feu président Ahmed Abdallah Abdérémane. Pour le public, pourtant mixte, aucun morceau n’a semblé inconnu.


«Ce Twarab a été un moment de pur plaisir. Voir le vieux ‘Number One’ sur scène m’a fait comprendre beaucoup de choses et m’a donné envie de continuer à donner encore du sens à la musique comorienne. Il a bercé et influencé tant de générations. C’est la première fois que je le vois sur scène, je ne le connaissais que par la radio. Cet orchestre représente un point de repère pour notre twarab qui vit aujourd’hui dans l’ombre. Ce spectacle m’a donné beaucoup d’inspiration qui vont, désormais, enrichir ma musique. Malheureusement, nos jeunes musiciens ne sont pas venus assister à cet évènement. Ils ne vont pas pouvoir aller loin sans se ressourcer de notre patrimoine musical», a analysé, euphorique, le musicien et spectateur, Mwegne Mmadi.

«Extraordinaire !», «longue vie!»

Twarab Ayn a presque tout calculé malgré quelques fautes techniques qui ont conduit à l’interruption notamment du troisième morceau. Par moment, les instruments n’ont pas été en harmonie, certains dominant d’autres. Il semble qu’il ait misé beaucoup plus sur le son des instruments et quelque peu négligé le chant. Avec certains morceaux, il fallait un silence de mort pour entendre les paroles. «Ngaritsaho samaha hauka zinu zombo zamdro», s’est de temps en temps excusé le maître de cérémonie pour ces petites erreurs techniques.


«Il faut que les violoniste réapprennent à jouer. Dans l’orchestre, il n’y a qu’un seul violoniste alors qu’il en faudrait trois ou quatre. Il faudrait également qu’il ait des flutes pour donner plus de couleurs. Pour l’instant, ce sont les claviers qui représentent les instruments manquant mais bravo à eux, ils le font très bien. Cette initiative de création d’orchestre traditionnel est extraordinaire et j’espère qu’elle aura une longue vie. C’est dans le passé qu’on voit le futur et dans ce passé, il y’a toute l’histoire des Comores et toute la musique avenir», a analysé pour sa part, l’ancien jazzman et saxophoniste français, Jean-Rémy Guédon.


Il faut remonter bien loin pour voir un spectacle de twarab comme l’a proposé cet orchestre fraichement créé. L’initiative du mouvement Uwanga mérite d’être accompagnée dans un pays où la Culture est plombée par l’absence de moyen et l’insuffisance des initiatives de réappropriation de l’identité culturelle.

«Tenir encore la barre»

«Notre objectif est de sauvegarder le twarabu comorien. Toutefois, nous faisons face à quelques soucis et nous sollicitons la bonne volonté de tous pour y faire face. Nous utilisons des instruments que nous sommes malheureusement obligés d’emprunter. Pour sauver cette richesse, chacun peut apporter sa pierre à l’édifice», a déclaré Pnatcho.


En ce qui le concerne, le chanteur Number one dit vouloir «tenir encore la barre en espérant que la jeune génération vienne prendre le relai». «Le public a été incroyable. Il a été présent du début à la fin, cela fait plaisir. Il est temps que les jeunes s’y mettent pour le bien être de notre culture. Nous voulons sauvegarder le twarabu comorien et même l’exporter à l’étranger «, devait-il ajouter. Euphorie, quand tu nous tiens!
Pour un spectacle de twarabu, dans lequel le public est habitué à danser dans tous les sens, la piste de danse de l’Afm s’est rapidement trouvée débordée.

Les gens étaient trop serrés et à la fin du spectacle, certains ont dit être deçus de rentrer à la maison sans avoir pu se défouler suffisamment. «Nous exhortons les pouvoirs publics de se pencher sur la question de la construction d’une salle de spectacle digne de ce nom pour le bien de la culture comorienne», a martelé, à plusieurs reprises, l’animateur Pnatcho.


Etant «ouvert à tous», le musicien Mwegne Mmadi souhaite déjà intégré l’orchestre Twarab Ayn. Et comme Jean-Rémy Guédon, il suggère d’ingérer plusieurs violonistes et utiliser aussi des flutes comoriennes.
«Au niveau de la musique, il a manqué de petit détails mais c’est déjà mieux pour un début. J’ai adoré l’utilisation du msondro à la place de la batterie. Un exemple à suivre pour les artistes comoriens», a conclu Mwegne Mmadi.

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