Le chef de l’Etat, Azali Assoumani, a pris part les 27 et 28 janvier au sommet africain de Dar Es Salam sur l’énergie organisé sous le haut patronage de la présidente de la République unie de Tanzanie, Samia Suluhu. L’évènement, initié par le Groupe de la Banque africaine de développement (Bad) et la Banque mondiale, a mobilisé de nombreux chefs d’Etat africains, la Commission de l’Union africaine et d’investisseurs internationaux intéressés par le marché africain de l’énergie.
La délégation comorienne, composée, entre autres, du ministre de l’Énergie, Dr Aboubacar Said Anli, du conseiller politique du chef de l’Etat, Houmed M’saidie, du chef « Pôle énergie » au secrétariat général du gouvernement, Fouad Goulam, et du vice-président de l’Assemblée nationale, Mohamed Ahamada Baco, est arrivée lundi 27 janvier à Dar Es Salam.
Les dirigeants africains, à travers le programme «Mission 300», souhaitent s’entendre sur des pactes nationaux visant à établir des engagements à offrir de l’électricité à « 300 millions d’Africains » d’ici à 2030. Et cela grâce à des financements innovants qui seront mobilisés et coordonnés par la Banque africaine de développement (Bad) et la Banque Mondiale. Il est connu de tous que la fracture énergétique est très importante en Afrique. Et que l’absence de sources énergétiques, à la fois suffisante et stable, bloque le potentiel de développement de nombreux pays du continent. «Nous ne pouvons pas laisser perdurer une situation où l’Afrique n’a pas assez d’électricité », a déclaré le président de la Bad, Akinwumi Adesina, au cours d’une réunion avec des ministres de l’Energie du continent et des acteurs du secteur. «La voie à suivre pour atteindre ces 300 millions de personnes est toute tracée », a-t-il ajouté, rappelant «600 000 décès dus à l’exposition à la fumée » en Afrique à cause des « effets dévastateurs des méthodes de cuisson traditionnelles basées sur le bois de chauffage et le charbon de bois».
300 gigawatts d’ici à 2030
On estime à 640 millions de personnes privées d’électricité dans le continent. Le taux d’électrification en Afrique est estimé aujourd’hui à près de 42%, selon la Banque africaine de développement (Bad). L’Afrique souhaite mobiliser 300 gigawatts d’ici à 2030 dans le but de réduire cette fracture énergétique grâce à des projets innovants.La problématique du financement des projets a été posée mais elle a été relativisée par la secrétaire générale adjointe des Nations unies, Amina Mohammed, qui clame haut et fort l’implication du secteur privé africain dans les différents programmes de financement du programme «Mission 300».
«Lorsque l’on veut mettre en place le financement de l’énergie, ce n’est pas facile et cela nécessite la présence de nombreuses personnes autour de la table, parallèlement à ce que nous faisons, la politique et la régulation, la conception de ces pipelines et la mise à disposition de l’argent », a-t-elle souligné, rappelant que « la connectivité énergétique catalyserait un changement transformateur dans les communautés rurales, en particulier pour les femmes et les jeunes, grâce à l’accès aux services financiers numériques, à l’éducation en ligne et aux possibilités de commerce électronique».
Pour le patron de la Bad, «il ne s’agit pas seulement de transition énergétique. C’est une question de dignité. L’Afrique doit se développer avec dignité et fierté, et l’accès à des solutions de cuisson propre est fondamental pour réaliser cet objectif».
La crise énergétique qui sévit dans de nombreux pays dont les Comores affecte les économies du continent et rend hypothétique toute politique de transformation économique. Les Etats sont aujourd’hui contraints d’allier développement économique et engagement climatique en encourageant des énergies propres.
Aux Comores, la stratégie nationale du secteur, issue des Assises sur l’énergie, consiste à développer le mix énergétique et à ouvrir le marché de l’électricité aux privés pour garantir une offre durable de sources énergétiques à faible coût. A ce jour, trois nouvelles centrales photovoltaïques (deux déjà en service) sont censées accompagner cette politique de mix énergétique lancée depuis 2018.À Dar Es Salam, à l’issue du sommet, des annonces importantes sont attendues. Les chefs d’Etat valideront « la Déclaration de Dar Es Salam sur l’énergie » qui devrait poser les bases d’un nouveau plan accéléré de soutien à l’électrification poussée du continent. Le chef de l’Etat, Azali Assoumani devrait s’exprimer hier mardi 28 janvier. Nous reviendrons dans nos prochaines éditions.