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W’E. : Concrètement, comment l’incubateur Innov’Lab va-t-il accompagner les petites entreprises?
L’incubateur d’entreprise Innov’Lab a pour principale mission d’accompagner les crĂ©ateurs d’entreprises, de l’idĂ©e de projet jusqu’à son dĂ©veloppement. Autrement dit, le jeune vient avec une simple idĂ©e de projet, l’incubateur l’accompagne jusqu’à la formalisation de son projet et jusqu’à la matĂ©rialisation mĂŞme de son idĂ©e de projet. L’incubateur offre aussi des services de formation sur les incontournables de la crĂ©ation d’entreprise. Tout ce qui est mode d’emploi de levĂ©e de fonds, prospection commerciale, Ă©laboration de projet, Ă©laboration de plan marketing. Donc, toute cette phase d’initiation Ă la gestion de projet est assurĂ©e par l’incubateur.Â
W’E. : Vous avez parlé d’une équipe qui va piloter la structure. Comment sera-t-elle composée?
C’est une Ă©quipe de trois jeunes Comoriens bien formĂ©s, qui travaillaient dĂ©jĂ Ă la Chambre de commerce. Mais nous avons rĂ©affectĂ© ce personnel lĂ pour s’occuper de l’incubateur, en fonction de leur profil. Ils ont Ă©tĂ© recrutĂ©s dans cette perspective.Â
W’E. : Qui peut prĂ©tendre bĂ©nĂ©ficier de cet accompagnement?Â
Le programme a comme cible les jeunes gens et les jeunes femmes. Nous avons lancé un appel à projets en décembre dernier et nous avons reçu trente-sept projets soumissionnaires. Nous avons sélectionné une première vague de quinze incubés. Ces jeunes sont actuellement en phase dite de pré-incubation. Ils ont bénéficié d’une formation sur la gestion de projet essentiellement comment élaborer un business plan, un plan marketing et comment arriver à lever des fonds.
Il y a, donc, un accompagnement en termes de création d’une entreprise, un accompagnement en termes de formation, de conseils juridiques. Mais aussi un accompagnement en matière de mise en relation avec les institutions financières.
Par ailleurs, l’incubateur Innov’Lab leur offre un espace de co-working. C’est-à -dire un espace ouvert où ces jeunes ont à disposition un secrétariat, un service d’accueil, une table, une chaise. Il faut imaginer, en effet, les difficultés pour un jeune qui commence pour trouver un local, louer et avoir une adresse. Cet espace permet à ces «primo-entrepreneurs» d’avoir une adresse et accompagnement.
W’E. : Et c’est pour combien de temps?
Cette première vague est en phase de prĂ©-incubation de trois mois. Elle sera accompagnĂ©e pour une pĂ©riode de six mois. Après nous passerons Ă d’autres jeunes entrepreneurs.Â
W’E. : Y a-t-il des secteurs spécifiques?
Bien sĂ»r, le programme a des secteurs cibles. Ce sont surtout les secteurs identifiĂ©s comme prioritaires par la StratĂ©gie de croissance accĂ©lĂ©rĂ©e (Sca2d).Â
Ce sont les secteurs de l’agroalimentaire, de l’élevage, du tourisme et des Technologie de l’information et de la communication. Nous avons recensĂ© de très bons projets. GĂ©nĂ©ralement, les jeunes incubĂ©s ont un niveau d’étude de l’enseignement supĂ©rieur. Ces bons projets peuvent ne pas ĂŞtre parfaitement ficelĂ©s, mais c’est lĂ le rĂ´le de l’incubateur, c’est-Ă -dire accompagner des jeunes Ă bien formaliser leurs projets. Comme vous savez très bien, dossier bien Ă©laborĂ© a bien plus de chances d’accĂ©der aux crĂ©dits qu’une idĂ©e vague et pas bien pensĂ©e.  Â
W’E. : Après l’appui de la Bad, comment comptez-vous dans l’avenir pérenniser cette initiative?
Excellente question! Effectivement, le plus dur ce n’est pas de mettre en place le projet, même s’il est vrai que cela a nécessité beaucoup de travail. Nous sommes conscients que le plus dur reste la pérennisation de cette structure. Pour y arriver, nous allons avoir besoin de l’appui de tous les partenaires au développement.
Nous sommes en contact avec certains d’entre eux et ils ont fait preuve d’une certaine disponibilité à accompagner le projet. Parmi ces partenaires séduits par le projet, il ya l’Organisation internationale de la Francophonie à travers leur programme secteur privé-numérique, l’Union européenne, la Mission française de coopération et le Bureau international du travail. Nous sommes en pourparlers avec eux. Parce que nous savons qu’à ses premiers pas, l’incubateur ne pourra pas se prendre en charge et que c’est vraiment en moyen et long terme qu’il pourra générer suffisamment de ressources pour assurer son fonctionnement, payer des expertises et une assistance technique.
Nous sommes, donc, en pleinne mobilisation d’appui en termes d’assistance technique permanente pour accompagner les premières annĂ©es d’Innov’Lab. Â
W’E. : Innov’Lab collabore-t-il avec d’autres incubateurs, que ca soit au niveau régional ou international?
Absolument, il y a un incubateur qui s’appelle Incubons à Madagascar appuyé par l’organisation internationale la Francophonie. Et nous sommes en contact avec eux pour partager nos expériences. Il faut savoir qu’au départ, ces entreprises vont être logées gratuitement. Nous allons les incubés, mais arrivé à un certain niveau il va falloir qu’il y’ait un retour de l’ascenseur. Qu’ils contribuent à quelque chose sur leurs chiffes d’affaire, appuient de nouvelles entreprises incubées. Il y aura une sorte de pacte, enfin de pérenniser la structure en moyen et long terme.
W’E. : Les petites entreprises sont marginalisées en matière d’’accès aux crédits. Avez-vous une réflexion par rapport à cette problématique?
Le chainon manquant d’entrepreneuriat, surtout pour des jeunes, c’est bien l’accès aux crédits. D’autant plus qu’actuellement les banques de la place ne financent que le commerce. C’est très compliqué d’avoir un prêt à long terme pour financer un projet d’investissement ou de production, même agricole. Nous en sommes conscients.
Mais, justement, l’idée du projet de l’incubateur, c’est de mettre en relation les jeunes porteurs de projets avec les institutions financières, notamment de microcrédit. Nous sommes à l’heure qu’il est en train de formaliser des partenariats avec la Mutuelle d’épargne et de crédit ya Komori, Meck-Mororni et le projet Amie (Projet d’Appui à la micro-entreprise). Ils sont disposés à accompagner nos jeunes entrepreneurs. Il est tôt pour crier victoire, mais on peut dire que les quinze jeunes déjà incubés ont pratiquement un financement.
Naturellement, ces jeunes resteront un peu sous notre «couveuse», d’où le mot incubateur, et nous serons un peu garant de la gestion de leur projet à travers les différents services que nous mettons en place. D’ici au 15 mars prochain, nous allons inaugurer aussi le Centre de gestion agréée qui va assurer la comptabilité et l’information comptable des petites entreprises surtout des jeunes incubés. Et nous avons déjà mis en place le Centre de formalités administratives des entreprises, qui permet l’accélération des procédures administratives.
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