Quarante-huit ans après l’éruption du volcan Karthala de 1977, Singani, cette localité du sud de Ngazidja où la lave a coulé, continue à commémorer cet évènement historique. Pour l’édition 2025, le «Festival du 5 Avril»se tiendra dans la localité du 5 au 10 de ce mois. Les organisateurs ont concocté un programme fait de conférences et d’expositions sur des thèmes divers, un concours régional de mémorisation et de lecture du Saint Coran, un carnaval, de jeux de société, un tilawat, des compétitions de football et de pétanque, entre autres. Pour entretenir le souvenir de ce pan de l’histoire du pays et de la ville, les habitants de Singani semble retrousser les manches pour tenter d’inscrire cet évènement dans le temps.
Pendant quatre jours, du 6 au 9 avril, des conférenciers animeront des discussions sur de thèmes divers. L’enseignante, Sounda Adam, va soulever la question des violences basées sur le genre, une affaire qui continue de faire des ravages dans la société comorienne. Pour sa part, le chef du département du patrimoine du Centre national de documentation et de recherche scientifique (Cndrs), Mohamed Mboreha Selemane, portera sa réflexion sur «Singani d’hier et d’aujourd’hui : esquisse de reconnaissance et de mise en valeur». Entretemps, l’auteur Azhar Youssouf va présenter son livre, «Singani : Histoire, société et famille: dans une ville marquée par un intellectualisme prématuré».
Il va s’agir d’un voyage en profondeur à travers le temps et l’espace explorant les fondements, les dynamismes et l’évolution d’une cité.
«Dans la mesure où les festivals ne sont pas suffisamment valorisés dans le pays bien qu’ils aient un apport considérable dans la sauvegarde de l’histoire et la culture nationale, nous voulons essayer de changer la donne. Nous voulons léguer un festival de qualité aux générations futures afin qu’elles puissent continuer à valoriser cet évènement qui a laissé ses empruntes aux Comores.
Le 5 avril reste une date mémorable à la fois pour les habitants de Singani, dont beaucoup avaient tout perdu à l’occasion de la coulée de lave, mais aussi pour les Comores qui ont vu une partie de leur territoire partir en fumée», a expliqué le directeur artistique de la compagnie Nombamba théâtre de Singani, Irham Tilmidhi, qui rappelle cependant, que cette éruption n’a pas laissé que ruines et cendre mais aussi une richesse en matériaux de construction dont les habitants continuent de tirer profit.
A la clôture de l’évènement, un Tilawat va être animé par l’association Itihad djuzur l’Komor.
Quelques-uns des meilleurs lecteurs comoriens du Saint Coran vont émerveiller un public auprès duquel ils ont toujours fait l’unanimité. En tout, dix-huit lecteurs vont prendre part à cette soirée à l’issue de laquelle des cadeaux vont être remis aux participants du concours régional de mémorisation du coran.
«C’est une bonne initiative. Cela fait quarante-huit ans que nous commémorons cet évènement qui n’avait entrainé aucun mort.
Cette fois-ci, nous avons trouvé judicieux d’inviter l’association Itihad pour une lecture du Coran. J’espère que les jeunes enfants vont prendre exemple sur ces lecteurs. Je pense que pour commémorer cet évènement du 5 avril, il n’y a pas meilleur moyen qu’un Tilawat et un concours de mémorisation du coran, histoire de se rappeler de Dieu car c’est bien Dieu qui nous sauvé de cette catastrophe», soutient le lecteur du Coran de l’association Itihad djuzur l’Komor, Fahad Abdillah.